DES FAUVES

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jeudi 12 avril 2012

Les jours tout blancs et les nuits lie de vin

A commencer par les aubes qui rougeoyaient à l'horizon, transperçaient la lucarne, des fleuves lumineux qui s'avalaient sans soif.

Xavier avait sa piaule en bas. Sa piaule, ils lui avaient lambrissée. Le reste était tout en parpaings avec des boîtes d'oeufs collées un peu partout pour étouffer les sons. Mais on les entendait quand même pétarader dans les vignes toutes proches, les fusils des chasseurs.
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Sa mère avait mis le feu à la maison quinze jours auparavant. Son plan était de toucher la police d'assurance et de se la répartir avec le vieux. Après elle comptait bien se tirer de là avec un prof de gym qu'elle avait rencontré au tennis club municipal.

Xavier avait rapatrié sa bibliothèque au sous-sol, tout était parti de là, sa relation tordue avec ses parents et tout.

Moi je me suis pointée le plus tôt possible, à ras de l'aube pour ainsi dire.

Xavier m'a dit que ça y est, ils divorçaient. Le vieux allait avoir du mal à joindre les deux bouts, elle l'avait plumé, elle l'avait tondu, il ne lui restait plus que ses yeux pour pleurer, ça elle l'avait bien entubé.

"On emmène Proust avec nous" a-t-il murmuré en ouvrant la petite porte battante du garage. La neige nous a aveuglés d'abord, on ne savait pas trop par où déguerpir. Sa main faisait rouler les os de mes doigts et me réchauffait.

Le vieux s'est suicidé juste à la pliure de l'aube.

Après avoir entendu les coups de fusils, on a couru tant bien que mal entre les vignes dans le givre des allées.

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